
Macrophotographie
Une enfance berrichonne passée avec les gamins de mon âge à sillonner prés et forêts, entre construction de cabanes et pêche à la ligne, ainsi qu’une jeunesse tourangelle marquant mes débuts dans la vie active ont confortés une attirance pour la nature. Les années 1970 étaient là, et après un bac scientifique j’entamai une carrière dans la publicité. En agence ou en indépendant, je me suis bien amusé, et quand le plaisir n’a plus été au rendez-vous l’heure de la retraite sonnait. Le cadeau, par ma compagne, d’un APN en remplacement de mon vieil Olympus argentique fut le déclic, le jour ou j’allais sur Internet pour identifier une libellule...
La passion pour ces insectes ne m’a plus quitté.
La photo est affaire de regard, regard de celui qui appuie sur le déclencheur, et regard de celui qui découvre l’image. La photo de nature, celle que je pratique, qualifiée de macrophotographie ou encore proxiphotographie, est le lieu d’un débat, vieux comme un daguerréotype, entre partisans de la photo dite naturaliste et ceux de la photo dite artistique. Pour ma part, je me situe du côté naturaliste, avec évidemment une recherche esthétique, passant bien entendu par une identification du sujet. Je cite volontiers Albert Camus : » Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Même si c’est de la belle image, un papillon inconnu en contre-jour perdu dans un coin du cadre dans une ambiance d’hiver post-nucléaire ne remplacera jamais pour moi le même sujet identifié, bien éclairé, même cadré trop serré, de façon à ne rien ignorer de la complexité de son anatomie et de l’extraordinaire travail conjoint de l’évolution et de Dame Nature. Le travail et l’art du photographe passent au second plan, le sujet avant tout. Il y a tant à découvrir et à admirer, à faire découvrir et à faire admirer, surtout de nos jours, avant qu’il ne soit trop tard...